La belle époque des magazines papier…


par Bernard Bujold (LeStudio1.com) –
Quebecor a racheté le magazine La Semaine et ses éditions de livres. La section livre sera ajoutée aux autres éditions de Quebecor. 
Le communiqué faisant l’annonce de la vente de La Semaine à Quebecor ne dit pas ce qui adviendra de Pierre Bourdon, un pilier du monde du livre québécois, qui avait accepté de joindre le groupe Charron il y a quelques mois en mars 2013. On pourrait dire que ce sera un retour aux sources pour Bourdon s’il se joint à Quebecor mais aucune mention n’a été faite concernant son avenir. 
J’ai très bien connu Claude J. Charron et son style de gestion. Charron est en fait un élève du magnat de la presse Pierre Péladeau et il a toujours avoué publiquement admirer profondément son mentor et appliquer ses méthodes de gestion. Une comptabilité serrée avec un regard concentré sur chaque dépenses et la priorité au profit avec, en plus, un instinct pour saisir les opportunités. 
Charron et moi n’étions pas en très bon terme personnel! S’il aimait Péladeau, qui fut aussi mon mentor, Charron était en plus un ami très proche de Jean Neveu qui est celui qui a mis fin à ma carrière chez Quebecor après le décès de Pierre Péladeau dont j’étais l’adjoint… 
Mais au delà de mes sentiments personnels à l’égard de l’éditeur Charron, il faut constater que la vente de La Semaine signifie un tournant important pour l’industrie des magazines papiers au Québec et on pourrait y voir un chant du signe. Il n’existe pas d’autres éditeurs indépendants comme Charron pour prendre la relève et l’Internet est venu transformer en profondeur ce secteur d’activité. La Presse+ est un exemple du tournant que prennent les médias en 2013 dans leur abandon du papier. La mode n’est plus aux publications format papier. 
Il faudra voir la suite que donnera Quebecor avec les structures qu’il vient d’acheter du groupe La Semaine mais rien n’est acquis dans un secteur moribond. La retraite de Charron signifie la fin d’une époque qui favorisait l’édition papier, une époque où la marge de profit de cette industrie atteignait facilement de 30 à 40% alors qu’aujourd’hui elle n’est plus que de quelques pourcentages, quand ce n’est pas une perte! 
Je souhaite bonne chance à Pierre Bourdon et à ses projets! 
À suivre… 
Photo 1:Magazine La Semaine et Claude J. Charron ;
Photo 2:Claude J. Charron et Pierre Bourdon ;
Photo 3: Pierre Péladeau (1925-1997) ;
Voir reportage La Presse vente La Semaine ; 
Voir reportage Le Devoir Pierre Bourdon ;

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